Clôture du DIC
La dernière journée a été essentiellement consacrée à deux activités importantes pour la suite du DIC.
- Les observateurs ont réfléchi sur le mandat et la faisabilité du cadre permanent de concertation avec l’idée d’une commission chargée de la préparation des séances de restitution à la base et de la sélection des participants en collaboration avec les modérateurs locaux et les organisateurs du DIC. Leurs observations ont donné des indications sur les activités de développement à entreprendre par les autres acteurs pour consolider les acquis du DIC, la sensibilisation de l’Etat congolais à assumer son rôle pour renforcer la confiance avec ses populations et la conscientisation de ces dernières à se désolidariser des groupes armés et à identifier leurs réels problèmes pour éviter les manipulations.
- Les membres des communautés ont travaillé et produit des actions à réaliser post-DIC. Le plan d’action précise les domaines principaux d’intervention, les cibles visées, les actions spécifiques à mener, les lieux où elles seront réalisées et à quelle période, les acteurs à impliquer dont les membres des communautés, les autorités locales et les acteurs internationaux.
Nature des participants et Résultats atteints par rapport aux objectifs assignés au départ.
Le Dialogue Inter Communautaire (DIC) s’est déroulé du 15 au 19 mars 2010 au Centre Spirituel Amani à Bukavu. Ce dialogue de Cinq jours a réuni les communautés des Babembe, Bafuliiru, Banyamulenge et Bavira des territoires de Fizi et d’Uvira, en présence des représentants des pouvoirs publics, de la société civile et des observateurs. Le DIC a donc connu la participation d’une centaine de délégués constitués des personnalités politiques, des chefs coutumiers, des administrateurs et des gestionnaires des associations au Sud Kivu.
Le DIC a été organisé par le TRIO, c’est-à- dire, trois associations dont ADEPAE, ARAL et RIO/ECC qui ont comme objectif de contribuer à la transformation des conflits de manière non violente avec l’appui et l’accompagnement de Life & Peace Institute au Sud Kivu en particulier et en RDC en général.
Les communautés ont montré qu’elles sont capables de transcender les différences et de dialoguer sur des questions sensibles ressorties de Recherche Action Participative (RAP), qui ont fait l’objet des discussions au Centre Spirituel Amani. Le processus a commencé en novembre 2007 en vue d’analyser les causes profondes des conflits intercommunautaires dans les territoires de Fizi et d’Uvira au Sud Kivu. Le rapport de cette recherche action participative sera relu par deux membres désignés par chaque communauté pour des observations à incorporer avant de le publier.
Pendant cinq jours, les communautés ont travaillé et dialogué sur les thématiques énoncées dans leurs cahiers de charge, à savoir les conflits fonciers et administratifs, l’appui des communautés aux Groupes Armés Congolais (GAC), et la gouvernance locale et les pouvoirs publics.
Pour les participants, le DIC a été riche dans l’analyse des actions de transformation des conflits et la compréhension des facteurs et des acteurs qui restructurent les relations sociales, entrent en jeu au niveau local et activent des alliances au niveau sous régional. Ce dialogue a permis le contournement de la situation en facilitant les différents acteurs et faiseurs d’opinion de se rencontrer et d’échanger sur des sujets sensibles et tabous depuis longtemps. Réunir pour dialoguer sur des questions vitales constitue un premier résultat incontestable. Les organisateurs de ce dialogue peuvent se réjouir d’avoir offert un cadre de rencontre et d’expression aux communautés qui, depuis des décennies se battent autour des enjeux décrits ci-dessus.
A l’issu des discussions intra et inter communautaires, il est apparu des divergences sur les questions foncières et administratives, et des points de vue de convergence sur les questions relatives à l’appui des communautés aux GAC et la gouvernance locale et les pouvoirs publics. Les points de convergence ont, largement, emporté sur les divergences qui seront aplanies dans le Cadre Permanent de Concertation (CPC), qui a été adopté par les communautés. Celles-ci ont réfléchi sur le rôle de la commission de mise en œuvre de CPC, le profil des membres des antennes, la viabilité de cette structure, le type de coopération qui devra exister entre structures et les intervenants à impliquer pour le fonctionnement.
En effet, le CPC tel qu’il est conçu et compris, constitue un deuxième résultat tangible de cette rencontre. Il sera implanté à Baraka, Fizi, Minembwe et à Uvira, en vue de poursuivre les discussions sur les points de divergence et de consolider les points de convergence. Les CPC à implanter dans les endroits précités travailleront sur un plan d’action post-DIC pour une année renouvelable. Ce plan consensuel est un troisième résultat de ces assises au Centre Spirituel Amani à Bukavu.
En ce qui concerne les conflits fonciers et administratifs, les membres du premier groupe de travail a retenu deux priorités, à savoir la transhumance et l’exploitation artisanale des minerais. Les comités d’agriculteurs, d’éleveurs ou d’orpailleurs seront implantés dans les territoires de Fizi et d’Uvira pour trancher les litiges liés à cette thématique. Les autorités locales, les membres de la société civile et les représentants des ONG internationales seront impliqués dans la recherche des solutions et la transformation des conflits fonciers et administratifs par des moyens non violents.
Le deuxième groupe a travaillé sur le thème relatif à l’appui des communautés aux GAC. Les membres de ce groupe ont retenu comme priorités le démantèlement des GAC, le désarmement des populations civiles, la réinsertion sociale et économique des combattants. Les actions à réaliser impliqueront les leaders locaux, les chefs coutumiers, les populations, la MONUC, le STAREC, le PNUD, le HCR, … en vue de restaurer l’autorité de l’Etat congolais, de rétablir la paix et de promouvoir le développement durable dans les deux entités territoriales concernées.
Le troisième groupe ayant travaillé sur la gouvernance locale et les pouvoirs publics a retenu les activités d’éducation civique et politique, la création d’un observatoire de l’action gouvernementale dans les territoires de Fizi et d’Uvira. Les membres de ce groupe ont prévu d’impliquer les leaders des communautés, les représentants de l’Etat congolais, les responsables des ONG locales et ONG internationales.
Le quatrième résultat inattendu mérite d’être cité, c’est la négociation de couloir entre Babembe et Banyamulenge sur la création des entités administratives et les conflits de pouvoir coutumier dans le secteur d’Itombwe.
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