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Les Actions conjointes des Églises de la Région de Grands Lacs pour la paix, la sécurité et l’arrêt des violences faites aux femmes

Accompagné par le Réseau d’Innovation Organisationnelle,le (RIO), le projet Actions Conjointes des Églises de la Région de Grands Lacs pour la paix, la sécurité et l’arrêt des violences faites aux femmes, en collaboration avec le projet de « Rapatriement des réfugiés et combattants rwandais (vivant à l’Est de la RDC) », a mis ensemble les différentes Églises de la Région de Grands Lacs, pour une mission commune, qui était celle de contribuer à la restauration de la paix durable dans les pays de la sous Région, en usant de l’influence de l’Église dans tous ces pays membres.
Le projet poursuivait comme objectif:  de contribuer à la consolidation de la paix dans la région des grands lacs et en particulier à l’est de la RD Congo.
Ses objectifs spécifiques étaient :

  • d'assurer un lobbying  auprès des instances internationales et auprès des gouvernements Congolais et Rwandais en faveur de la paix et la sécurité en RD Congo;
  • de sensibiliser pour un rapatriement volontaire les leaders de RUD-RPR, FDLR, leurs combattants et d’autres réfugiés.

Ce projet qui a bénéficié de l’appui financier d’EED consistait principalement en des rencontres et missions qui étaient organisées par les leaders des Églises dans le but de définir des stratégies pouvant aider à atteindre les objectifs assignés.

Voici par ailleurs le tableau qui relate le nombre de rapatriés civils et combattants rwandais à la suite de différentes missions de sensibilisation:

PHASE PERIODE RAPATRIES CIVILS RAPATRIES COMBATTANTS TOTAL
Phase 1 Juin 2006 à Juillet 2007 0 0 0
Phase 2 Août 2007 à Juillet 2008 1355 0 1355
Phase 3 Août 2008 à Juillet 2009 5532 0 5532
Phase 4 Novembre 2009 3460 150 3610
TOTAL   10347 150 10497

Même si le projet avait réalisé ce total, nous savons que d’autres réfugiés sensibilisés par nos animateurs avaient été rapatriés par d’autres voies ou s'étaient rendus d’eux-mêmes au Rwanda. Nous ne maîtrisons pas malheureusement leur nombre.

Le défi remarqué

  1. L’insécurité dans les zones opérationnelles, causée et par les FDLR, et par les FARDC, rendant ainsi la tâche difficile à nos Animateurs sur terrain.
  2. Les divergences des vues sur la relocalisation. Chaque partenaire impliqué dans le processus a son propre point de vue sur la relocalisation.
  3. Le document élaboré à Kinshasa (l’Approche Stratégique sur la relocalisation) doit être approuvé par la présidence de la République et doit ensuite être soumis aux autorités rwandaises. Ceci est à notre humble avis un long processus et prendra assurément plus du temps. L’adoption de ce document et sa mise en application prendra du temps et risque de retarder le processus.
  4. L’implication unilatérale du PAREC dans le processus de démobilisation et de relocalisation  sans tenir compte de l’Approche Stratégique élaboré par la Monuc, HCR, et d’autres partenaires.
  5. L’accès difficile à des endroits où sont localisés actuellement les FDLR. Ceux  qui étaient en contact avec nous sont devenus plus éloignés. Il nous faut donc redéfinir des nouvelles stratégies de travail.
  6. Le souhait de certains combattants qui veulent être rapatriés dans un autre pays autre que la RD Congo et le Rwanda.
  7. La recrudescence de l’insécurité se manifestant par des tueries et assassinats dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Le besoin d’une assistance humanitaire : Certains réfugiés sortent de la forêt dans des conditions misérables, (affaiblis par la maladie, la malnutrition, étant mal habillés).
  8. Notre budget n’ayant pas cette rubrique, nous avons du mal à apporter une solution à ce problème. Il y a donc besoin des vivres et des non vivres.

Perspectives

Dans l'avenir

  1. Nécessité de poursuivre les rencontres avec les leaders de la Région de Grands Lacs et mener des actions synergiques de plaidoyer pour la paix.
  2. Fournir une assistance psychologique aux populations affectées par les conflits. Un projet y relatif a été soumis depuis avril 2009 à EED.
  3. Un projet pour le suivi des recommandations de la marche internationale des femmes à Bukavu contre les violences faites à la femme est entrain d’être conçu.

En somme,  rappelons que nos projets convergent vers la recherche de  la paix. C’est depuis 1998, après le partage de notre pays en deux parties que l’insécurité s’est établie sur l’étendue de notre Province en particulier et à l’Est du pays en général. Il nous était presque impossible de nous rendre dans les 8 Territoires ruraux de notre Province pour visiter les Églises de différentes Communautés de l’ECC. Ainsi nous étions obligés de chercher les voies et moyens pour retrouver la paix ; et nous y étions depuis plus de 12 ans.

Nous estimons que l’Eglise ayant l’obligation de donner la vie, elle a été contrainte de jouer sa mission prophétique en mettant l’homme au centre de ses préoccupations.
D’une manière globale, nos actions dans l’ECC Sud-Kivu se complèteraient dans cette recherche de la paix et du bien-être de l’homme créé à l’image de Dieu par :

  1. Les soins médicaux aux malades, blessés, femmes violées ;
  2. La détraumatisation des victimes des violations horribles de droits de l’homme (Mais cette action nécessite d’être renforcée d’urgence) ;
  3. Le secours aux réfugiés et déplacés des guerres ;
  4. Le renforcement des capacités dans différents domaines  et surtout dans le domaine de la construction de la paix ;
  5. L’éducation formelle
  6. L’éducation à la démocratie ;
  7. La réhabilitation des infrastructures socio-éducatives et sanitaires détruites par les effets des conflits ;
  8. Les contacts avec les auteurs de ces crimes et les sensibiliser au regroupement, au désarmement, au rapatriement et/ou à la relocalisation ;
  9. La résolution des conflits, mission actuelle du RIO. Ce sont ces conflits qui sont à la base des violations des droits de l’homme. Il nous faut fournir un grand effort pour trouver une solution durable à cette préoccupation.

Nous estimons que l’ouverture d’un centre régional de formation est nécessaire. En effet, il nous aidera à prévenir les conflits avant leur éclatement dans le but d’instaurer une paix durable dans la sous-région en visant de:

  1. Promouvoir la bonne gouvernance
  2. Renforcer les capacités de la population dans la participation citoyenne
  3. Promouvoir la culture de la paix à tous les niveaux
  4. Promouvoir la collaboration inter-institutionnelle pour la consolidation de la paix entre la société civile, le système éducatif, les confessions religieuses et les services publics
  5. Promouvoir le développement des compétences individuelles et collectives pour l’avènement du futur centre régional et professionnel de transformation des conflits, de recherche et de bonne gouvernance.

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